Je voulais être inventeur. Je le suis resté.
- Publié
- 28 mai 2026
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- 2 minutes
- Pilier
- 03 — Craft
- Tags
- product-engineering · carrière
Quand j’étais petit, je voulais être inventeur. Pas ingénieur. Pas développeur. Inventeur.
Faire exister des trucs qui n’existaient pas, et regarder quelqu’un s’en servir.
J’ai mis vingt ans à comprendre que c’était resté exactement ça.
Officiellement, je fais du frontend. Je l’ai dit pendant des années, un peu naïvement.
J’ai commencé dans de toutes petites structures. À la sortie de l’école, « frontend » y voulait dire à peu près tout : poser les questions aux utilisateurs, dessiner l’interface, la coder, la montrer au client, la vendre. Une boucle complète, du papier à l’écran.
J’ai cravaché. J’ai lu les docs. Je me suis planté mille fois.
Mais mon meilleur souvenir de cette époque, ce n’est pas une stack ni une archi. C’est une phrase : « C’est cool ton truc, ça marche. » Voilà. C’est tout ce que je voulais entendre. Ça me suffit encore aujourd’hui.
La tech, là-dedans, n’a jamais été le but. Juste le moyen.
Mon tout premier projet, j’ai migré d’AngularJS vers React en plein milieu. Pas pour suivre une mode. Parce qu’Angular était trop dur pour mon niveau de l’époque, et que je voulais juste matérialiser l’interface que j’avais en tête.
Besoin d’une base de données ? J’apprends. Besoin de scaler ? J’apprends.
Je n’ai presque jamais choisi une techno pour elle-même. C’est toujours le produit qui décidait.
Sans mentor technique, je me brûlais à tout apprendre seul, en RTFM. Il me fallait un bagage technique plus solide pour exprimer mes idées.
J’ai fini par rejoindre de plus grandes structures pour trouver des pairs. Des gens meilleurs que moi, pour me pousser, m’enseigner, partager la même passion à plus grande échelle.
C’est là que j’ai découvert que « frontend » pouvait aussi vouloir dire autre chose. Un scope plus étroit. Parfois coupé du design, de la recherche, du client.
Ça ne m’a jamais empêché de déborder. De proposer. D’aller poser mes questions directement aux gens qui allaient utiliser le produit.
Parce qu’au fond, j’ai une conviction simple : un produit bien fait est invisible. On ne voit pas sa forme, on voit sa fonction. Les produits-statut ne m’ont jamais attiré. Les autres sont beaux parce qu’ils sont vraiment utiles.
Du coup, je ne me vois plus vraiment comme un dev frontend. Je fais du produit.
Un product engineer. C’est le terme qui émerge enfin pour nommer ça.
Porter un produit. De l’idée jusqu’à l’usage.
Au-delà des métriques et des process, c’est là que je me sens utile.
Le même truc qu’à dix ans.
Faire exister quelque chose. Et entendre que ça marche.